Les enfants vont bien

Les enfants vont bien

Nous ne sommes pas détenteurs des mots que nous employons, seulement de leur agencement. C'est en partant de ce postulat que Nathalie Quintane a pratiqué un montage des discours engendrés par la crise des migrants, plus précisément depuis le démantèlement de la jungle de Calais. Dans ce livre choral désaccordé, on entend résonner, sur des pages presque vierges, les voix gargarisées de mots creux (fermeté, humanité, valeurs de la République, etc.) des gouvernants, ceux, secs et abscons, des décideurs administratifs, et enfin ceux des exilés, qui expriment leur souffrance et leur incompréhension face aux propos hors sol des fonctionnaires qui, comme on dit, ont « vocation » à statuer sur leur sort. Ce procédé, inventé par le poète objectiviste américain Charles Reznikoff (1), dont Nathalie Quintane se réclame, conserve ici une formidable et saine charge d'indignation subversive.

 

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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