Les corps pasoliniens, de l'idole à la vermine

Les corps pasoliniens, de l'idole à la vermine

Le cinéma de Pasolini, depuis Accattone jusqu'à Salò, constitue une vertigineuse odyssée sensuelle, de la fascination au dégoût absolu.

Chez Pasolini, le corps est politique. C'est autour du corps que se cristallisent les questions de la création et de l'engagement qui traversent toute l'oeuvre de l'auteur de Théorème et de Salò. Objet toujours présent, chargé d'enjeux à la fois esthétiques, éthiques et idéologiques, le corps est aussi un objet toujours décalé, déplacé, soumis à de brusques renversements de perspectives au fil du parcours d'essayiste, d'écrivain et de cinéaste de Pasolini. Ce parcours ne suit pas une ligne droite : il ne craint ni les contradictions ni les changements de cap, il serait donc plus juste de parler des politiques du corps dont ses films et ses écrits portent la marque.

Les premiers films de Pasolini (Accattone, 1961 ; Mamma Roma, 1962) sont dominés, comme ses romans (Les Ragazzi, 1955 ; Une vie violente, 1959), par des figures de corps populaires, ceux des laissés-pour-compte de la banlieue romaine pour qui il éprouv ...

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