Les bonheursdu sophiste

Les bonheursdu sophiste

Paradoxes, chiasmes et aphorismesfourmillent dans une oeuvre privilégiant l'esthétisme au détriment d'une quête de vérité.

dandy et esthète ? icône gay ? astre foudroyé ? Certes, mais en premier lieu, car c'est ce qu'il revendiquait envers et contre tout, Oscar Wilde est écrivain et homme de « parole ». Son oeuvre a ceci de particulier qu'elle met en scène la parole, avec tous ses paradoxes. Si elle contribue à dynamiser le texte, notamment par le mot d'esprit, elle entrave en même temps la progression de l'intrigue, arrêtée le temps d'une succession de bons mots, que ce soit celle de son unique roman, Le Portrait de Dorian Gray, ou celle de ses comédies, telle L'Importance d'être constant. Si lord Henry, dans Le Portrait de Dorian Gray, s'exprime comme s'il était en scène, c'est qu'il est conçu par l'auteur comme un personnage de théâtre dont le lecteur perçoit l'acte de langage comme une performance, non comme une réalité. Puisque, sur scène, un acte langagier n'est qu'une fiction, la nature imaginaire du discours théâtral, mais aussi de tout discours aux yeux d'Osc ...

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