Les allégories sur un plateau

Les allégories sur un plateau

Depuis Les Mille et Une Nuits, le jeu d'échecs est le support de multiples symboliques : celle de la guerre bien sûr, mais aussi celles de la cité, de la conquête amoureuse, de la cérébralité ou, chez Nabokov, de la démence.

Le roi des jeux est volontiers associé à la réflexion politique et aux stratégies guerrières. La littérature et le cinéma s'emparent de la grille de l'échiquier et de l'avancée raisonnée des pièces sur les 64 cases du plateau de jeu pour en faire la métaphore de combats lucides et de luttes ordonnées. Activité ludique requérant un sens aigu de l'analyse, une organisation implacable et une anticipation rigoureuse, les échecs érigent le joueur en figure de la cérébralité (1). La distraction offerte le temps de la partie est en somme bien sérieuse, et c'est la raison pour laquelle Montaigne dit haïr ce jeu. Sous le masque de l'ironie, Flaubert signale les connotations austères de ce divertissement de l'esprit, définissant ainsi les échecs dans son Dictionnaire des idées reçues : « Image de la tactique militaire. - Tous les grands capitaines y étaient forts. - Trop sérieux pour un jeu, trop futile pour une science. »

Dès le Moyen Âge, période qui voit l' ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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