Les écrivains entre marques de fabrique et bâtons rompus

Les écrivains entre marques de fabrique et bâtons rompus

À partir du XVIIIe siècle et surtout du XIXe, les écrivains revendiquent d'inventer leur propre ponctuation - un nouveau biais pour remettre en cause les normes langagières. Tour à tour, on la réduit à peau de chagrin, on la fait au contraire proliférer, ou on recourt de manière obsessionnelle à un signe fétiche.

Si certains auteurs bataillent déjà, au XVIe siècle, avec leurs imprimeurs pour imposer leur ponctuation - tel Rabelais aux prises avec Dolet -, il faut attendre le XVIIIe et surtout le XIXe siècle pour que les écrivains s'emparent vraiment du sujet et revendiquent en outre une ponctuation plus élastique, affranchie du carcan trop étroit des règles.

Subversions, expériences, ruptures

Au XVIIIe siècle, certains usages témoignent d'une prise de conscience aiguë des enjeux poétiques de la ponctuation Que l'on songe aux libertins, dont la contestation passe aussi par un usage nouveau, et important, des points multiples - retournant en arme de subversion ces points qui relevaient par ailleurs des stigmates de la censure. Les manuscrits de Sade montrent en outre que ce dernier ponctue à peine, ignorant souvent le point, mais apporte un soin méticuleux à l'introduction de points multiples (deux ou trois), devenus de véritables instruments sadiques ...

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