L'enfer comme fantasme libertin

L'enfer comme fantasme libertin

Le siècle des Lumières a relégué l'enfer et le diable au rang des accessoires. Sade les réhabilite par une subtile perversion de la tradition chrétienne. Son enfer est ici-bas dans l'éternel corps-à-corps des bourreaux et de leurs victimes.

Les libertins du XVIIe siècle se veulent des esprits forts qui ricanent lorsque la foudre tombe au milieu d'un festin fait en plein carême ou de quelqu'autre impiété. Ils ont relégué l'enfer et le diable au rang des accessoires de carton peint. A leur suite, les romans libertins du XVIIIe siècle se déploient dans la réalité sociale et semblent ignorer toute perspective d'au-delà. L'enfer pourtant, ses flammes et ses souffrances, font retour avec Sade dans une subtile perversion de la tradition chrétienne.

Juliette fait ses classes de libertine auprès de Saint-Fond, scélérat méthodique et tout-puissant. Au cours des orgies meurtrières qu'elle organise pour lui, il tient à s'isoler un moment avec chaque victime « dans un cabinet reculé ». Juliette ne sait exactement ce qui passe dans ces « tête à tête » inquiétants où le meurtrier ne se contente pas d'annoncer à ses victimes les tourments dans lesquels elles vont périr. Elle suppose qu'il s'agit d'une alliance inédite de lu ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé