L'EMPEREUR DE L'ELLIPSE

L'EMPEREUR DE L'ELLIPSE

Ces six nouvelles écrites entre 1952 et 1960 par le prix Nobel japonais n'ont été traduites que récemment en français. Leur économie de moyens, faisant toute confiance à l'intelligence du lecteur, conjugue génialement rapidité et lenteur.

Ils s'étaient croisés tout à fait par hasard. Il montait dans le train, elle arrivait sur le quai, ils se reconnurent. Elle voulut le rejoindre dans le compartiment à l'instant où il tentait de descendre pour la retrouver... Cette petite danse brouillonne et impromptue avait fait rire les voyageurs autour d'eux. Ils avaient décidé de se revoir.

Ce jour-là, après un déjeuner tardif, il l'avait raccompagnée à la gare et, comme ça, d'un coup, lui avait proposé de se rendre à Hakone où l'on prenait des bains d'eau sulfureuse. « Aujourd'hui ?... avait-elle demandé, surprise, maintenant ? » Pendant le voyage, il s'était interrogé : ce que l'on voit là-bas, au sommet du mont Fuji, ce sont des nuages ou la première neige ? Elle penchait pour la neige parce qu'elle avait lu un long article, la veille, annonçant les premières poudres sur la montagne. Mais la première neige, est-ce la première à tomber ou la première que l'on voit ? Affaire de point de vue. Comme leur relation elle-même ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard