L'EFFEUILLEMENT D'UN DEUIL

L'EFFEUILLEMENT D'UN DEUIL

Le décès d'une enfant réduit le narrateur de Michel Manière au silence, qu'il brise (ou prolonge ?) dans un journal intime.

Quand la fiction s'empare du journal intime, cela tourne bien souvent à la folie. Le Horla de Maupassant, Le Journal d'un fou de Gogol ou encore Morphine de Boulgakov suffisent à le démontrer. Journal d'un silence de Michel Manière n'y fait pas exception. Simon Viard, écrivain et professeur de lettres, est le diariste d'un mutisme : celui qu'a fait peser sur lui la perte d'un enfant. En effet, la langue française se trouve bien silencieuse dès qu'il s'agit de donner un nom à ce deuil, alors qu'elle a su nommer la perte d'un époux ou d'un parent. Le narrateur, dont l'ego colossal est fréquemment rappelé (« Il m'a même semblé que le monde tournait un peu plus rond à tourner sans moi »), part s'exiler à la campagne, dans l'espoir de retrouver l'inspiration qu'il croyait définitivement éteinte depuis la mort de sa fille. Écrire pour décrire le désir d'écrire, la quête d'un silence nécessaire et sa rupture inévitable sont des thèmes récurrents dans les ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard