Lear lyrique

Lear lyrique

Le Roi Lear s'est longtemps refusé à la musique. On peut en redécouvrir ce mois-ci l'adaptation par le compositeur Aribert Reimann.

Si Shakespeare impressionne les compositeurs, que dire du Roi Lear ? Face au dramaturge et à son roi sénile, Berlioz, Debussy et Verdi ont jeté l'éponge. La solitude du père trahi, marchant en pleine tempête accompagné de son fou, était-elle impossible à orchestrer ? Incrédule, le baryton Dietrich Fischer-Dieskau a d'abord sollicité Benjamin Britten, puis Aribert Reimann, et, au bout de dix ans, voici que le compositeur se réveille en sursaut. Extrait de son journal : « 9. II. 1977. Dans la nuit, vision soudaine de la tempête : les accords frappés, massivement, se développent - par les sons restés suspendus jusqu'à former un énorme son dans l'espace - en un mouvement, réaction du cosmos, révolte des éléments. »

La musique ayant trouvé sa place, déterminé sa forme par et avec la poésie, Reimann consacre son énergie à composer son Lear pendant un an et demi ; il est créé à Munich en 1978. Sa mise en scène par Calixto Bieito, de 2016, est reprise ce mois-ci à ...

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