Le vol de la mitre

Le vol de la mitre

« Nous voulons glorifier la guerre, seule hygiène du monde - le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées qui tuent, et le mépris de la femme », écrivait Marinetti en 1908 dans le premier manifeste futuriste. C'est au prisme de cette profession de foi hystérique, somme toute pas si éloignée des délires de D'Annunzio, qu'il faut appréhender Le Monoplan du pape, « roman politique en vers libres » écrit directement en français. Ce texte, publié en 1912, n'avait jamais été réédité depuis.

La trame en est aussi simple que baroque : un pilote (Marinetti en personne), fils de l'Etna, cingle vers Rome, atterrit sur la place Saint-Pierre, s'empare du souverain pontife, l'attache à la carlingue de son appareil et part avec sa proie suspendue prêcher la guerre et l'éradication d'un passé toujours haïssable à travers les cieux de la péninsule. Avant de jeter le saint homme dans la mer : « Au revoir Sainteté, je brise enfin tes chaînes ! ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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