Le Veilleur du Britannia

Le Veilleur du Britannia

Remarqué en 2006 avec Le Passage à niveau, Philippe Routier, cheminot dans le civil, ne se contente pas de regarder les existences dérailler. Il les fouille, en ramasse les lambeaux dans le ballast pour reconstituer les erreurs d'aiguillage. Jean-Robert Carouge a changé de train de vie. Il en est mort, heurté au matin par le bus 95 alors qu'il quittait son nouveau travail de veilleur de nuit à l'hôtel Britannia, rue d'Amsterdam à Paris. Au frais, dans sa chambre funéraire, « en bordure de l'histoire qui fuit la sienne », cet ancien pigiste de luxe espère soixante-douze heures durant la visite de ses enfants et du peu d'amis qui lui restent. Sur ce squelette, Philippe Routier, 50 ans, bâtit un deuxième roman qui n'est en rien lugubre. Les souvenirs de Carouge, homme sans courage qui aurait gagné sa place dans Les Vitamines du bonheur de Raymond Carver, glissent constamment du pathétique au burlesque. Un effet du soin que l'auteur porte aux détails. À cette paire de chaussure en veau ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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