Le triomphe d'un revenant nippon

Le triomphe d'un revenant nippon

Imaginez que Germinal se trouve soudain en tête des ventes en France... C'est ce qui arrive au Japon avec Le Bateau-usine : 500 000 exemplaires vendus en 2008. Jusqu'alors, Le Bateau-usine était « seulement » un chef-d'oeuvre de la littérature prolétarienne, écrit en 1929 par Takiji Kobayashi. Un concours littéraire, dans un quotidien national, a suffi pour le faire redécouvrir : depuis, la jeunesse japonaise se l'arrache avec frénésie, et le titre même de l'ouvrage en japonais, Kanikôsen est devenu d'un usage courant. Les dynamiques éditions Yago en publient aujourd'hui la première traduction française.

Qu'y a-t-il donc dans Le Bateau-usine qui dépasse les récits de pêche et de mise en conserve de crabes ? Kobayashi accomplit l'une des fonctions littéraires les plus urgentes : il invente une voix pour dire la détresse au travail, la solitude des dominés, leur besoin d'union et leurs insurmontables difficultés pour se faire entendre. Il le fait dans un style âpre, h ...

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Entretien

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