Le triomphe de Sisyphe

Le triomphe de Sisyphe

Soucieux à l'extrême de cohérence, Tolkien a constamment réécrit ses textes. De ce point de vue, l'inachèvement apparent de son oeuvre n'est pas un échec, mais impose un univers si complexe qu'il ne peut être exhaustivement décrit.

Dans une lettre à destination de son éditeur américain, Tolkien établit avec beaucoup de force l'origine de son oeuvre, l'inspiration qui l'anime : « L'invention des langues est la fondation. Les "histoires" ont été conçues pour procurer un monde aux langues, plutôt que l'inverse. » Et Tolkien de préciser s'il le fallait : « Chez moi, le nom vient en premier, et l'histoire suit. » Dans cette perspective étrange pour qui ne connaît pas Tolkien philologue, Le Seigneur des anneaux devient un « essai en "esthétique linguistique" (1) » plutôt qu'une fresque épique contant la longue pérégrination de petits êtres disgracieux et sympathiques aux prises avec le mal le plus féroce.

« Compilation » fictive et infinie

Cet amour des langues ne doit pas être pris à la légère : si le monde bâti par Tolkien demeure à explorer pour le lecteur qui en est resté au Hobbit et au Seigneur des anneaux, et a fortiori pour le spectateur de ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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