Le tourmenté pays d'Oz

Le tourmenté pays d'Oz

La chronique par Maurice Szafran. Nous le savions déjà, mais littérature et cinéma ne sont pas forcément faits pour s'entendre. Il peut y avoir incompatibilité, incompréhension, incommunicabilité. Ainsi s'était-on trop vite réjoui que la star de Hollywood Natalie Portman ait choisi pour sa première mise en scène (présentée au dernier festival de Cannes) d'adapter le roman autobiographique du célèbre écrivain israélien Amos Oz, Une histoire d'amour et de ténèbres. Nous étions d'autant plus sereins qu'israélienne elle-même, Natalie Portman allait nous raconter en images une partie de son histoire, de ses racines, de ce rapport ambigu que tout citoyen israélien entretient avec «son» État. Raté. Film raté. Mise en scène ratée. Narration ratée. Ratage sur toute la ligne et cruauté terrible du ratage sur grand écran.

Au moins ce méga plantage nous donne-t-il envie de revenir au livre d'Amos Oz, de le relire, d'en redécouvrir, treize ans après sa publication, la richesse littéraire, historique, politique, philosophique, intime - déchirures d'une société, d'une famille, d'un enfant qui aura consacré sa vie à écrire, pour raconter et comprendre, raconter et comprendre son pays, cette terre prise (à tout jamais ?) dans les tourments de la guerre ? Huit cent cinquante pages en Folio qui se lisent d'une traite parce que les personnages, les situations, les paysages, la vie, l'amour et la mort, dans leur enchevêtrement, font un, au point de mettre en place un livre non pas puzzle, mais polyphonique, un livre ...

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Grand entretien

Sarah Schulman

Sarah Schulman
Écrivaine, militante LGBT et activiste de longue date à Act Up New York