Le théâtre des opérations

Le théâtre des opérations

soldat, ce n'est pas seulement une vocation ou un métier. C'est une manière de voir. Capitaine dans l'armée française, Jean Michelin considère le réel en officier professionnel. Son récit, Jonquille, raconte le séjour de sa compagnie en Afghanistan dans une langue pudique et précise. Résultat : quand il écrit « j'ai eu peur », « j'étais fier », « j'étais ému », on le croit. Cela fait une sacrée différence quand il s'agit d'évoquer l'ennemi insaisissable, les tirs contre les blindés, les rivalités entre bases ; mais aussi l'attente, la tension, les moments de grâce, tout ce qui fonde le quotidien des soldats et que les films de guerre montrent peu, sinon pour créer des intermèdes entre deux scènes d'action. Pour autant, l'action n'est pas absente de Jonquille, mais elle est décrite comme elle survient : un attentat suicide qu'aucune précaution n'aurait pu prévenir, un raid taliban empêché par des paysans pour protéger leur récolte des tirs d'artillerie. Ave ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article