Le tambour de soi

Le tambour de soi

Disséminée entre tant de registres et de champs d'expression, l'oeuvre pasolinienne trouve son unité dans une perspective autobiographique. L'égocentrisme n'est ici qu'anecdote : le poète et artiste a incarné le siècle qu'il a traversé.

Venu au monde l'année de la « marche sur Rome » (1922) et assassiné deux ans et demi avant Aldo Moro, Pier Paolo Pasolini aura donc vécu vingt ans sous la « chape de plomb » du mussolinisme et pressenti « dans son corps », à la fin de sa vie, pendant près de dix ans, la venue progressive des « années de plomb » du brigadisme. Il ne pouvait deviner la forme historique contradictoire provisoire (des nihilistes attaquant l'État) que prendrait ainsi, juste après sa mort, la guerre civile entre les États et leurs propres citoyens pauvres, non productifs ou non conformes, mais il sut analyser par avance la mutation politique majeure dans laquelle nous nous débattons encore - et comment ! - quarante ans après : la distillation du phénomène historique fasciste tantôt assumé et tantôt généré par les formes nouvelles du capitalisme transnational. Il n'aura pas fini fusillé par des communistes en tant que résistant armé opposé à la ligne et aux intérêts historiques du Parti, comme ce fut le ca ...

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