Le syndrome de l'enfant sage

Le syndrome de l'enfant sage

Plutôt que de faire porter aux seuls dirigeants la responsabilité de la servitude du peuple, La Boétie analyse la tendance de l'homme à se complaire dans l'obéissance. Pourquoi avons-nous peur de la liberté ?

ce que je trouve dans le texte de La Boétie de proprement étourdissant, c'est cette manière qu'il a, dans un texte précisément fiévreux, de dédaigner, de laisser de côté tout le clinquant extérieur de la désobéissance, son panache, son imaginaire de révolte, son fantasme de résistance héroïque. Aucune grande déclaration de guerre, La Boétie n'appelle pas à l'insurrection. Il ne demande pas qu'on se lève pour écraser l'infâme, pour prendre les armes et renverser les tyrannies. Il exige un autre courage. Il comprend, il repère dans « désobéir » le poids, le vertige des deux minuscules et presque dérisoires premières lettres : « dé- ». « D é- », comme dans détachement, défection, déliement. Mais ce n'est pas non plus une défaite, un simple glissement un peu passif, un désengagement fatigué. C'est au contraire une conquête, une porte ouverte sur soi-même et les autres, l'ouverture d'un continent. Dans la désobéissance, il s'agit bien d'abord de cela : nous défaire d'un ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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