Le surgissement d'une parole

Le surgissement d'une parole

Le judéo-christianisme contient en lui-même son principe d'effondrement et de renaissance : le Christ, cette figure d'instabilité, cette parole vive capable de faire voler en éclats tous les principes arrêtés, voire la religion elle-même.

La notion de judéo-christianisme me fait penser à cet ancien ministre qui, en sprint final d'une campagne présidentielle, glissait que les civilisations ne se valent pas. Et on se scandalisait qu'il hiérarchise, alors qu'il avait eu l'habileté de ne pas le faire clairement, et dans ce débat moral et vague qui s'en est ensuivi, on en oubliait l'aspect méthodologique de ses propos : ils tombaient d'eux-mêmes dans l'insignifiance dès que l'on se demandait quoi comparer. Car les civilisations sont immenses, au sens propre, sans limites claires ; elles sont pourvues de tant de racines qu'elles en sont rhizomiales, et recouvertes d'un feuilletage inextricable d'ajouts, de digressions et de développements accumulé au cours du temps.

Alors, le judéo-christianisme, c'est quoi ? Je ne sais pas vraiment. Est-ce fatal ou salvateur ? Je n'en sais rien, je ne sais quoi regarder, quoi peser pour en décider. Mais, pour vivre dedans et en considérer l'histoire, je sais que ce vaste objet civi ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard