Le style de Lucien Bodard

Le style de Lucien Bodard

On l'appelait le Chinois, il avait une corpulence en harmonie avec l'énormité du pays et, si l'on peut dire, il parlait naturellement le gigantisme de la Chine. Les siècles, les millions de morts massacrés pour une raison ou une autre, ou pour rien, sinon les nécessités absurdes de l'histoire de la Chine, les révoltes à l'infini et les barrages monumentaux, les foules hors de nos proportions et les repas aux mille plats, c'est le quotidien de ses livres. Il parvint même à donner une dimension épique à

une guerre qui ne fut que minable trafic de piastres et lamen

table insuffisance militaire, la guerre d'Indochine, et les deux cents pages sur Saïgon dans L'humiliation vous ont un air de guerre de Troie dans Homère.

La vallée des roses , sur l'impératrice Tseu Hi était sa Madame Bovary .

Lucien Bodard vient de disparaître, ayant juste corrigé les épreuves de son dernier livre, Le chien de Mao

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes