Le stoïcisme flegmatique de Shaftesbury

Le stoïcisme flegmatique de Shaftesbury

À travers ses réflexions sur les passions et les humeurs, le comte de Shaftesbury, philosophe anglais du xviie siècle, prolongea de façon inattendue les théories des stoïciens, et influença Diderot.

Le philosophe anglais Anthony Ashley Cooper, comte de Shaftesbury 1671-1713 occupe une position tout à fait singulière dans l'histoire du stoïcisme. Pour lui, comme pour ses prédécesseurs, il s'agit bien avant tout d'écarter et de contrôler les passions, produits de l'imagination. Mais ce rêve de maîtrise lui apparaît comme la source d'une passion non moins dangereuse. En effet, le « sens moral », qui nous guide dans la construction de soi, apparaît à la fois comme critère rationnel d'une réflexion sur nos passions et comme le risque de voir naître une nouvelle passion : l'austérité et le fanatisme moral. C'est pourquoi le stoïcisme de Shaftesbury implique une mise à distance des passions, mais aussi de la raison. L'excès de bile noire s'y trouve inlassablement corrigé par une disposition flegmatique, ironique et tolérante à l'égard de soi-même.

Pour bien comprendre cette stratégie singulière, il faut retourner à son coeur : la notion centrale d'« enthousiasme » telle que ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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