Le silence bosniaque

Le silence bosniaque

En 1942, Belgrade est occupée par les nazis, la Serbie est en proie à la terreur, en Bosnie les massacres, organisés notamment par les collaborateurs, font rage. Ivo Andric a 50 ans. Il n'est plus ambassadeur de la jeune Yougoslavie. Il est à Belgrade, et il écrit. Il écrit La Chronique de Travnik . Un livre étrange, mal fichu, qui refuse les séductions ordinaires du roman. Un livre lent, haché, obsédant, qui refuse toute intrigue, toute intimité avec des personnages élus, pour leur préférer la prolifération d'histoires, la succession de héros fugaces et saisissants, où se dira peu à peu l'histoire d'un pays. Son pays natal, la Bosnie. En 1942, Andric, né à Travnik, dédie avec cette Chronique un chant d'amour blessé, inquiet à sa ville d'enfance, mais il ne l'écrit pas dans la langue de son enfance. Il choisit, sauf indispensables exceptions, l'ékavien belgradois, car il se définit comme yougoslave, et c'est comme yougoslave qu'il revisite le passé ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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