Le savoir en suspens

Le savoir en suspens

Si le polar a rompu avec le positivisme de Holmes, l'enquête demeure une figure essentielle pour décrire la façon dont le sens se construit à partir de signes épars.

Que raconte le roman policier tout au long de son gros siècle d'existence, de Sherlock Holmes à Mikael Blomkvist ? On prétend qu'il ausculte, avec le meurtre, les fractures et les dysfonctionnements du monde, qu'il s'aventure parfois, quoique littérature plutôt vouée à la consommation, à penser le mal et la folie des hommes. Mais ces récits où ça enquête, où ça fouille, cherche et trouve évoquent essentiellement un esprit à l'oeuvre, une performance intellectuelle, un savoir en cours d'élaboration. L'enjeu du roman d'enquête tient en un mot, celui de méthode.

Raconter l'investigation, c'est ce qui fonde le roman policier et le détache de l'esthétique feuilletonesque, encore persistante chez Gaboriau et le premier Doyle. En cela, le détective de Baker Street institue le nouveau genre comme une aventure du savoir. Les investigations fictives s'écrivent désormais comme des contes épistémologiques, des réponses de l'imaginaire à cette question que l'on pose si souvent à l'enquête ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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