Le rose et le noir

Le rose et le noir

Un cinéaste catalan imagine la rencontre entre Casanova et Dracula. Folle manière de reformuler l'histoire de l'Europe.

L'esprit qui bat la campagne : la belle expression prend toute son ampleur dans les films d'Albert Serra. Dès Honor de cavalleria (2006), le jeune cinéaste imposait son aplomb : quand tant de maîtres s'étaient cassé les reins sur l'adaptation de Don Quichotte, il proclamait tranquillement qu'il suffisait pour ce faire de laisser deux acteurs amateurs baguenauder à travers bois, friches et champs, se gaver de soleil, de ruminations et d'euphories contemplatives. Les deux silhouettes sont souvent silencieuses ou alors maugréent et se chicanent, ce qui rend d'autant plus luxuriants leurs soliloques enflammés. Alors que le numérique a si souvent été le gage d'accélérations stroboscopiques, de turbines à images clignotantes, Albert Serra a compris que le support autorisait le luxe de la durée et des bonnes surprises incidentes, l'improvisation des corps mais aussi des éléments (l'ondoiement, en plein air, de la lumière et de la météo) : on peut laisser tourner à volonté ...

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