Le romancier de l'anti-République

Le romancier de l'anti-République

Par Maurice Szafran. Donc, il ne serait pas de bon ton d'évoquer la politique dans un journal, le nôtre, avant tout littéraire. Politique, un gros mot ou presque. D'autant moins que Michel Houellebecq - c'est évidemment de lui qu'il s'agit - est consacré ici et là, en France et à l'étranger, comme la définition même de l'écrivain, l'écrivain avec É majuscule, l'écrivain-artiste, l'écrivain en tant qu'artiste. Proust, Céline - Céline, Modiano - Houellebecq... voilà où en est, à en croire nos critiques, la littérature française.
Quelle vulgarité alors que de ramener « l'artiste » Houellebecq à la politique.
Alors, soyons vulgaires.

L'exercice est aisé, car un minimum d'honnêteté intellectuelle obligerait à reconnaître que Houellebecq, s'il est tout entier littérature, n'en est pas moins 100 % politique. Il l'admet d'ailleurs volontiers dans les quelques interviews accordées depuis la sortie de Soumission : il croit mordicus en ce qu'il raconte, ce que d'aucuns (j'en fais partie) considèrent comme un fatras de stupidités. Citons, en vrac : la décadence de la France, la prise de pouvoir d'un parti musulman, la mort de l'athéisme, de la laïcité et de la République, rien que ça. Vous en voulez plus ? « Les Lumières ? Une parenthèse dans l'histoire humaine. » Davantage : « Les musulmans sont plus proches de la droite, voire de l'extrême droite. Ils ne peuvent pas voter pour des socialistes qui mettent en place le mariage homosexuel. »

Si, si, Houellebecq est sérieux, même si chacun de nous se laisse prendre à sa manière, à son allure lymphatique, détaché, clownesque parfois, la cigarette entre les c ...

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