Le roman-photo,ou l'amour impossible

Le roman-photo,ou l'amour impossible

Sous-estimé et mélancolique, le genre s'invite au Mucem. Morceaux choisis et balade en compagnie d'un couple irréconciliable : la photo et le texte.

« Il s'approche d'elle et, tendrement, il la prend dans ses bras. » Dans une cuisine, plan serré sur un couple qui s'évalue du regard sans se toucher ; le phylactère fait dire au jeune homme : « Je crois que le moment est venu d'avoir un fils bien à nous. Et si on se mariait, qu'en dis-tu ? » (Circuit sans retour)

Le roman-photo finit bien. Grâce au Mucem, la mise sous cadre, l'accrochage en cimaise, une disposition subtile invitent à regarder avec un autre oeil ce qu'on ne voyait même pas. Au chevet de ces pauvres objets, on se prend à sanctifier ce que, l'instant d'avant, on vouait aux gémonies : oubliettes et poubelles. Longtemps moqué, le roman-photo, comme la chanson de variété ou les croûtes, n'était perçu que par une frange indigne de la population. On ne prêtait pas d'intention à ce genre mélancolique et sans nom, hormis celle de faire de l'argent. Aujourd'hui, on lui offre un magnifique catalogue où s'étalent de larges exemples de ce qu'il ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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