Le roman gothique : l'éternel revenant

Le roman gothique : l'éternel revenant

Dossier. Vallées sans retour, prêtres pervers, chairs viciées, vierges effarées… la littérature gothique sort de son caveau. De Frankenstein à Lewis, ce dossier explore à travers les âges la contagion gothique. Par François Angelier

Si certaines phrases, comme le proclamait Louis Aragon, «cognent à la vitre», certains mots ont la vertu de la fêler. Ainsi «gothique», terme lourd de sombres périls, renvoyant à la menace du Goth rôdant aux frontières, désignant la dentelure acérée de la typographie allemande ou définissant cette esthétique architecturale qui brise net l'arrondi serein du plein cintre roman. Prédation, formes menaçantes ou mise en péril de la plénitude harmonieuse, trois dimensions que l'on va retrouver dans cette exploration, torche en main, des souterrains romanesques du gothique anglais puis, au fil d'une évocation de la contagion gothique des univers romanesques européen et américain, des mondes graphiques et de l'écran démoniaque du cinéma mondial. Un gothique devenu même art de vivre, puisqu'il désigne aujourd'hui un mode d'être et d'apparaître qui fait charbonner la paupière, blêmir la peau et acérer les dents. Au long de ce dossier à charge, il sera en effet question de val sans retour et d ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard