Le rire redistribué

Le rire redistribué

La formule est devenue un poncif : on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Pour éviter tout incident, pourquoi ne pas se reconvertir à l'humour qui ne fait pas rire ?

Or donc, dans son nouveau roman très drôle, Frédéric Beigbeder nous explique que nous vivons sous « une dictature de l'humour ». Essayons de le prendre un instant au sérieux, même si les dictatures sont rarement réputées pour leur sens de l'humour, et si la police française est actuellement plus connue pour son utilisation (excessive) de gaz lacrymogène que de gaz hilarant, ce qui fait que nous vivons aujourd'hui dans un pays où l'on pleure plus souvent que l'on rit.

Dans « dictature de l'humour », les deux mots sont aussi importants l'un que l'autre. Et aussi discutés l'un que l'autre depuis que les hommes vivent en société, et que certains, plus malins, et parfois plus drôles que les autres, en profitent. En bon élève de Sciences po qu'il fut, Beigbeder brosse façon Wikipédia une bonne généalogie du mot « humour » en citant bien sûr Bergson, mais aussi le Discours de la servitude volontaire, le film Ridicule, le père Duchesne et Le Canard enchaîné...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.