Le retour de la grande philosophie

Le retour de la grande philosophie

Cela fait vingt ans que le discours philosophique a pris un tour singulier, propre à la conjoncture « post-moderne » naguère décrite par Jean-François Lyotard. Reflux des grands récits, abandon des grands systèmes, crépuscule des idéologies. Pour décrire l'événement, on a parlé de « fin de l'histoire ». On constatait en même temps une soudaine difficulté à articuler engagements individuels et destins collectifs. Vouloir le bien du peuple, lui proposer un avenir apparaît maintenant comme la racine du mal. Il n'y aurait plus d'autre politique possible qu'humanitaire. En un mot, on assistait à la fois à une démoralisation de la politique et à une dépolitisation de la philosophie. Autant d'ébranlements qui donneront leur tonalité aux célébrations du bicentenaire de la Révolution, transfigurées par la parade bariolée de Jean-Paul Goude.

Chacun était en quelque sorte renvoyé à lui-même, à ses choix, ses petites décisions, sans autre horizon que le temps de sa petite vie. Au temps l ...

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