Le renoncement à l'utopie sud-américaine

Le renoncement à l'utopie sud-américaine

Lorsqu'il évoque dans Le Monde d'Hier le Brésil et l'Argentine, Zweig multiplie les distorsions et les silences. Faut-il en conclure que l'Amérique du Sud n'aurait été pour lui, en fin de compte, qu'un alibi à la "ressouvenance" de l'Europe ?

«Ce grand monde, que les uns multiplient encore comme espèces sous un genre, c'est le miroir où il nous faut regarder pour nous connaître de bon biais ».

Montaigne : Essais I, XXVI.

Dès avril 1941, Amerigo Vespucci à peine achevé, Stefan Zweig donna libre cours à l'ambition qui l'avait toujours habité de guetter son « soy-même » dans le miroir du monde. Ce regard de « bon biais », qui le fera communier si intimement avec Montaigne dans l'ultime refuge de Petropolis, le conduit dans son autobiographie à s'autoriser quelques accommodements à propos de l'image qu'il a souhaité léguer de l'Amérique du sud. Ainsi, la préséance que Le Monde d'Hier accorde à l'Argentine au détriment du Brésil inverse-t-elle la chronologie du voyage effectué au cours de l'été 1936, de même que la hiérarchie affective qu'il établissait entre les deux pays dans sa correspondance privée. A cette dissemblance viennent s'ajouter des angles mort ...

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