LE RÊVE D'UNE VILLE À DIMENSIONS VARIABLES

LE RÊVE D'UNE VILLE À DIMENSIONS VARIABLES

La question de la ville a été au centre des réflexions de l'Internationale situationniste d'avant son « tournant politique », en 1961. L'utopie urbaine élaborée était trop en avance, mais il en reste un élan qui travaille encore l'architecture et l'urbanisme actuels.

Nous nous ennuyons dans la ville, il n'y a plus de temple du soleil. Entre les jambes des passantes les dadaïstes auraient voulu trouver une clef à molette, et les surréalistes une coupe de cristal, c'est perdu. » Ainsi débute le « Formulaire pour un urbanisme nouveau », article central du n° 1 de l'Internationale situationniste de juin 1958. Ce long et étrange manifeste, qu'on ne comprend qu'à demi-mot, avait été rédigé cinq ans auparavant pour une livraison de Potlatch, la revue lettriste de Guy Debord, jamais parue. Il est l'oeuvre unique - à part quelques peintures - d'un « météore » de la planète situ, Ivan Chtcheglov. À l'époque, celui-ci avait 19 ans ; mais, en 1958, il est déjà loin, enfermé dans une institution psychiatrique d'où il ne sortira plus jusqu'à sa mort en 1998...

Ce texte devenu légendaire est la matrice de l'utopie urbaine des situs. Chtcheglov y rêve d'une ville de « décors mouvants », où l'on puisse « expérimenter les mille faç ...

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Entretien

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