Le pygmalion qui libérait ses muses

Le pygmalion qui libérait ses muses

Entretien avec Charles Dantzig, qui revient sur la fusion, chez Cocteau, entre inspiration et sentiment amoureux. Envers ses compagnons, l'écrivain fut d'une générosité rare.

Dans l' Encyclopédie capricieuse du tout et du rien (1), vous écrivez : « On appelle beau ce qui nous excite sexuellement. » Jean Cocteau a-t-il « mythifié », pour reprendre son terme, des excitations sexuelles ?

Charles Dantzig. Dans l'idée générale, les muses sont des femmes. Les hommes, ayant voulu le pouvoir, ont abdiqué des attributs pour eux mineurs, comme la sensualité ou l'inspiration. Cela leur permettait de ne pas avoir l'air de vouloir tout. Cocteau disait d'ailleurs : « Il n'y a pas d'inspiration, il n'y a que de l'expiration. » C'est si juste que le mot employé par les Grecs pour désigner l'inspiration était pneuma, c'est-à-dire le souffle, l'expiration. Dans le Dialogue sur l'amour, Plutarque détermine cinq sortes d'enthousiasme ; deux me semblent intéressantes relativement aux écrivains : l'enthousiasme poétique, communiqué par les muses, et l'enthousiasme amoureux, communiqué par Éros. Eh bien, à mon sens, les écriv ...

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