Le plein d'ordinaire

Le plein d'ordinaire

Dossier Simenon

Style sans apprêt, noirceur constante, passion pour les coupables au détrimentdes victimes : tels sont les ingrédients d'une oeuvre insensible à l'épreuve du temps.

Et voilà ! Débrouillez-vous avec ça ! Quelques phrases jetées sur un dictaphone le 14 septembre 1975 : « Au fond, il n'y a jamais rien eu d'abstrait chez moi. J'ai vécu dans le concret, sans souci de la métaphysique ou de la philosophie. Comme les paysans, comme les artisans dont je descends, j'ai gardé les pieds bien d'aplomb sur la terre. Quant au reste, c'est mon subconscient qui s'en est chargé, de sorte que je n'ai ni à m'enorgueillir, ni à m'en sentir responsable (1). »

Nul doute après cela que Georges Simenon ait été le principal responsable de sa réputation, pour le meilleur et pour le pire. Sauf que désormais, le temps ayant fait son oeuvre, trente ans après sa mort, près de quatre-vingt-dix après la naissance du commissaire Maigret, on a le recul suffisant pour prendre la mesure du phénomène Simenon dans la meilleure acception du terme. Non l'énergumène si satisfait de lui dans l'entre-deux-guerres, mais bien l'un des rares romanciers de langue fran ...

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