Le père emplâtré

Le père emplâtré

Guy Goffette n'en finit pas d'inspecter son enfance. En la suspectant du pire. Déjà, dans Un été autour du cou, loin de chanter le « vert paradis des amours enfantines », il racontait la précoce liaison d'un gamin de 12 ans, Simon, avec une Silvana Mangano de sous-préfecture qui lui avait infligé une éducation sentimentale à le dégoûter à jamais d'aimer. On retrouve Simon cinquante ans plus tard. Cette fois, c'est à son père qu'il s'attaque, devant son cercueil. Une respectueuse dédicace - « À l'homme de ma vie, Géronimo, mon père » - augure mal un passage en revue des travers d'un plâtrier bourru et obtus, injuste et coléreux, tyran au petit pied en proie à des colères bibliques, avare de sentiments cachés sous la contrainte de suer sans se plaindre. Portrait du patriarche en rustre à l'éternelle salopette bleue, « à la parole d'acier et au silence de plomb ». « On n'est pas né le cul dans la soie », « on n'est pas sur Terre pour s'amuser », tels sont les credo qu'il oppos ...

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon