Le nouvel âge de la BD

Le nouvel âge de la BD

L'appellation contrôlée de « roman graphique » n'a pas lieu d'être, si ce n'est comme moyen de rendre acceptable la bande dessinée aux yeux des tenants de la culture savante et scolaire.

Le « roman graphique », ça n'existe pas. La bande dessinée est une fusion organique d'images et de récit qui ne se laisse justement pas décomposer en une part romanesque et une part graphique. Elle est plus que la somme de ses parties esthétiques. Mais, pour lutter contre l'impression fausse que la bande dessinée serait à la fois une sous-littérature et une sous-peinture, cette expression de « roman graphique » a effectivement fleuri, en Europe et aux États-Unis.

Quiconque aime la bande dessinée comme un art singulier, irréductible à d'autres arts plus anciens, ne peut qu'être méfiant dès qu'il entend parler de roman graphique. Ni Hugo Pratt ni Alan Moore n'appréciaient ce terme, auquel leur oeuvre a si souvent été associée : ils n'y voyaient qu'un vague effet de marketing, destiné à vendre de la bande dessinée à ceux qui ne l'aiment pas.

Dans le mensonge publicitaire du « roman graphique », quelque chose sonne pourtant juste : après la contre-culture, l'expression a ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes