Le neutre est-il queer ?

Le neutre est-il queer ?

Assigner une identité sexuelle est « fasciste », affirmait en 1977 le nouveau professeur au Collège de France. Un discours mieux entendu quarante ans plus tard.

Dans la langue française, écrit Barthes, « je suis obligé de toujours choisir entre le masculin et le féminin, le neutre ou le complexe me sont interdits ». Assigner le sujet à une identité de genre, lui refuser la suspension, « l'obliger à dire » : la langue fait violence à celles et à ceux qui n'ont qu'elle pour s'exprimer, elle est pétrie d'injonctions et de stéréotypes, elle classe, ordonne et, par là même, opprime. Cette langue où s'inscrit le pouvoir, Barthes entrant au Collège de France la qualifie en 1977 de « fasciste » - le mot d'ailleurs lui a été vivement reproché.

À plus de quarante ans d'écart, ces réflexions résonnent singulièrement dans l'espace des discours contemporains, où les théories queers gagnent en visibilité. Parce qu'elles considèrent les identités sexuelles et de genre comme le produit d'une construction sociale, ces théories invitent à repenser le genre hors du cadre normatif et binaire de l'hétérosexualité, comme une variable fluide, susceptible ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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