Le moteur et le marteau

Le moteur et le marteau

Les romans de Pierre Ducrozet sont ponctués de références à Nietzsche. Explications d'une relation perpétuelle entre l'écrivain et le philosophe.

J'utilise les philosophes comme des boîtes de vitesses (la plupart du temps je cale). Deleuze me sert à relier, à agencer, et Nietzsche, la plus puissante des cylindrées, à essayer de tracer des lignes de force, qu'on appellera « personnages ». Il offre mille possibilités au romancier, qui sans doute le lit de travers, mais peu importe. Le marteau de Nietzsche fait trembler jusqu'à l'espace du roman.

Un jour, c'est banal, la lecture d'Ainsi parlait Zarathoustra m'a bouleversé ; je commençais à écrire. Plus tard, dans mon deuxième roman, La Vie qu'on voulait, les cinq personnages espéraient (en vain pour la plupart) un accroissement de leurs forces vives. Dans Eroica, le personnage principal, Jay, double de Basquiat, est porté par une énergie brutale qui se heurte au réel. La puissance des corps toujours se frotte à l'âpreté du dehors.

L'Invention des corps, lui, repose en partie sur la confrontation de deux visions de la volonté de p ...

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Entretien

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