Le mime disséminé

Le mime disséminé

Dans La Dissémination, Derrida commente longuement un texte de Mallarmé sur un spectacle de mime. Il s'agit certes, avant tout, pour le philosophe, de méditer sur l'écriture. Mais le mime ne constitue pas ici une simple métaphore accessoire, il est aussi envisagé pour lui-même.

J'extrais un texte, un seul, du large corpus derridien : « La double séance ». Je l'extrais également du livre dont il occupe la partie centrale : La Dissémination 1. Je lis un philosophe qui lit un poète qui lit un mime qui lit un poète et un mime : je remonte la chaîne du temps. Dans « La double séance », en 1970, Derrida lit un poème de Mallarmé, « Mimique », inclus dans Crayonné au théâtre. Dans « Mimique », en 1886, Mallarmé évoque une pantomime de Paul Margueritte, son cousin. Dans ce Pierrot assassin de sa femme, en 1881, Paul Margueritte emprunte à la tradition de la commedia dell'arte ; il se fonde aussi sur des références contemporaines, comme le Pierrot posthume de Théophile Gautier, mimodrame créé en 1847. Margueritte reprend encore le masque blanc et les vêtements de Deburau. Chacun à leur tour, Margueritte, Mallarmé, Derrida accentuent le processus d'abstraction du mime et accompagnent ainsi son détachement historique à l'égard de la pantomime, plus concrète, ouverteme ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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