Le mal-aimé du théâtre français

Le mal-aimé du théâtre français

Antonin Artaud a radicalement remis en cause le théâtre occidental. Il a ouvert un champ des possibles où d'autres conceptions théâtrales, parfois contradictoires, se sont épanouies - et s'épanouiront encore.

Artaud c'est le mal-aimé du théâtre français. » À ce propos, Michèle Ignazi, réputée libraire du Marais, proche du Jeune Théâtre National, me répondait : « Et pourtant, je ne sais pas combien de Théâtre et son Double je vends tous les ans aux élèves et aux comédiens du coin ! » Oui, mais Artaud n'intéresse qu'eux et quelques épigones bouffons, aucun homme de théâtre important, sauf Jean-Louis Barrault, ne s'est réclamé de lui ; le silence est général et l'indifférence complète. Antoine Vitez, une nuit, demandait sur un ton perplexe : « Est-ce que tu y comprends quelque chose ? », avouant ainsi une réticence qui ne fut pas seulement la sienne. Artaud est l'étranger du théâtre français. Il n'a pas suscité de discours ni inspiré la scène. Il s'est constitué pourtant en « mythologie », dans le sens barthésien du terme, à savoir lieu commun entouré d'une aura, aura qui n'a pas cessé d'attirer les jeunes. Artaud, une figure générationnelle.

Artaud, moi aussi, je l'ai lu étant jeune ...

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Entretien

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