Le maître et l'esclave, corps-à-corps

Le maître et l'esclave, corps-à-corps

Pour Hegel, les oeuvres philosophiques ne peuvent être comprises immédiatement. Elles exigent relectures, confrontations, réinterprétations. Se doutait-il que sa Phénoménologie de l'Esprit, et plus particulièrement la dialectique du maître et de l'esclave, ferait l'objet de tant de prolongements et de controverses théoriques dans le monde ? Le problème du corps - très peu présent dans l'oeuvre de Hegel -, exploré par Catherine Malabou et Judith Butler, apparaît ainsi, à la faveur de tels prolongements, comme une clé de lecture essentielle de son oeuvre. Jacques Derrida et Alexandre Kojève y ont consacré des chapitres entiers. Si Hegel ne représente pas le maître et l'esclave comme des êtres « incarnés », dotés de corps, il les définit pourtant comme des « consciences enfoncées dans l'être de la vie », qui doivent, pour se reconnaître dans une lutte à mort libératrice, « extirper de soi tout être immédiat », et donc se détacher de leur corps. « Sois mon corps », exige le maître hégél ...

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Entretien

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