Le lièvre-cité et la tortue-État

Le lièvre-cité et la tortue-État

Villes assiégées, villes révoltées, villes républiques... Creusets de la gestion du bien commun, les villes auraient pu devenir le modèle de la construction européenne - et d'une autre histoire possible.

qui, des villes ou des États, fit l'Europe ? Fernand Braudel racontait l'histoire à la manière d'une fable. La ville y joue le rôle du lièvre de La Fontaine : « Elle n'avait que quatre pas à faire », tant elle est, depuis le XIIe siècle, plus agile, plus véloce, plus inventive. C'est elle qui expérimente les moyens de gouverner les hommes, de faire circuler les marchandises, d'échanger les idées - elle est, pour Braudel, ce champ de tensions qui électrise l'histoire. L'État, plus lourd, est la tortue qui capitalise toutes ces innovations, « se hâte avec lenteur » - pour finalement coiffer la ville au poteau. « Le XVe siècle, en Occident, voit la remontée et l'arrivée au but des lentes tortues. » L'Europe moderne se constituera en systèmes d'États concurrents, prospères et prédateurs, et non en constellation de communautés urbaines. De là sa physionomie actuelle - mais aussi sa pente irrépressible vers la guerre.

Est-ce vrai partout ? Pas partout non. Au XIIIe siècle ...

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