Le gratin des crétins

Le gratin des crétins

As de la digression, l'écrivain nous entraîne, entre souvenirs d'enfance et pépites érudites, dans une flânerie au pays de l'idiotie - depuis toujours le grand voisin de la littérature, dont il est à la fois l'ennemi et l'allié.

En quinze ans, déjà une bonne dizaine d'ouvrages. Dès son premier livre, Petit traité de désinvolture (José Corti, 2002), Denis Grozdanovitch se fit remarquer par son art de vivre qui lui fait profiter de la moindre seconde de chaque journée. L'hédoniste se situe entre Alexandre le Bienheureux, le personnage du film d'Yves Robert incarné par Philippe Noiret, et Oblomov, l'antihéros emblématique du romancier russe Ivan Gontcharov. Rien n'échappe au contemplatif. Grozdanovitch ne se contente pas de regarder : il dévisage et radiographie son vis-à-vis, le temps que met Roger Federer pour décocher une accélération avec un coup droit. Dépourvu du sens de l'ennemi, l'écrivain aime le sport pour la beauté du geste et non pas pour vaincre, en dehors de ses propres limites. Cela ne l'a pas empêché en junior de truster une kyrielle de titres de champion de France en tennis, squash et courte paume. Comme le sport est aussi une question de regard, de style, il délaissait les raquettes ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard