Le grand Dessein

Le grand Dessein

Enfin traduits, les Cahiers noirs forment une oeuvre à part entière, qui éclaire la pensée du philosophe, en dépit des stéréotypes antisémites qui accaparent les débats.

Il paraît a priori déplacé de chercher à tirer des leçons positives d'un écrit, tel que les Cahiers noirs de Heidegger, précédé de la rumeur infamante d'antisémitisme. « Toute l'eau de la mer, disait Lautréamont, ne suffirait pas à laver une tache de sang intellectuelle. » Certes. Mais on n'a pas affaire avec Heidegger à un publiciste haineux à la Rebatet ou à un caractériel à la Céline. On se trouve face à un des héritiers les plus brillants au XXe siècle de la philosophie spéculative allemande, donc aussi occidentale. Si son antisémitisme se trouvait avoir « contaminé » sa pensée, cela demanderait un réexamen complet de notre tradition réflexive. À moins de ne voir en lui qu'un « renégat » isolé de nos indiscutables « Lumières ». Or tel est bien le procès que lui font ses détracteurs actuels, que ce soit au titre de son « antihumanisme » ou à celui d'un chauvinisme étroit dérogeant à notre dite « tolérance universelle » et autre « principe cosmopolitique ».

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Entretien

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