Le grand émancipateur

Le grand émancipateur

Pour Gérard Macé, Sade a le mérite d'ouvrir en anthropologue des gouffres dans notre psyché.

À l'heure de MeToo, la première vertu de Sade est de nous défendre contre tous les puritanismes, de défaire ce que Nietzsche nommait avec dégoût la « moraline », de rappeler l'indépendance de l'art par rapport à la morale et l'autonomie de l'oeuvre par rapport à l'auteur, affirme d'emblée Gérard Macé, en nous suggérant de « lire Sade sans refaire éternellement son procès ». Dans la lignée libertaire de son premier éditeur moderne, Jean-Jacques Pauvert, dans celle des essais de Philippe Sollers (Sade contre l'Être Suprême) ou d'Annie Le Brun (Sade. Attaquer le soleil), Et je vous offre le néant rappelle à quel point nous devons beaucoup aux combats philosophiques sadiens et à l'athéisme héroïque de l'auteur : notre sexualité libérée des injonctions sociales, notre méfiance à l'égard des conventions sociales, notre défiance des tyrannies et des religions, notre foi dans l'autonomie du jugement individuel doivent au martyre du divin marquis. Ces vertus émanci ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.