LE GÉNIE MÉLANCOLIQUE

LE GÉNIE MÉLANCOLIQUE

il sentit son sourire s'estomper, fondre, se racornir comme une peau desséchée, comme la cire d'une bougie fantastique, qui a brûlé trop longtemps, se noie et étouffe la flamme. Nuit d'encre. Il n'était pas heureux. Il n'était pas heureux. Il se répétait cette phrase. Elle exprimait un état de fait. Il portait son bonheur comme un masque et cette fille s'était sauvée à travers la pelouse avec le masque. » Cet extrait de Fahrenheit 451 n'est pas une mise en abyme, mais il définit exactement l'effet que la prose de Ray Bradbury produit à la première lecture : elle vous révèle à vous-même, vous montre votre propre mélancolie, votre inadéquation avec le monde qui vous entoure. Elle arrache votre masque, et vous ne voudrez jamais plus le porter. Immense poète en prose - ainsi le définissait Aldous Huxley -, Bradbury est arrivé en littérature par deux chefs-d'oeuvre : les Chroniques martiennes (1950), qui relatent, en nouvelles enchaînées, le désastre de la colo ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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