Le fugueur

Le fugueur

« Le Banni de l'Univers » chez Hawthorne, monsieur Monde chez Simenon... Lorsqu'un être décide de tout quitter, cela prend vite une ampleur cosmique.

« Où pourrions-nous aller pour être loin ? » Tolstoï

Un homme sort, seul, de chez lui. Il arrive que l'homme soit une femme. Il quitte sa maison, sa famille, sa ville, sa vie - pour une destination inconnue, y compris de lui-même. Peut-être a-t-il déclaré en sortant, aux membres de sa famille présents ce matin la scène se passe généralement le matin, et l'homme ne vit jamais en solitaire : « Je sors acheter des cigarettes », prélude à maintes disparitions, fugues, suicides.

Pourtant, lorsqu'il franchit le seuil de son ancienne vie, l'homme - ou la femme - est « encore innocent de toute idée de fuite ». « Mais non, il n'avait rien décidé ! Il n'avait rien eu à décider. Ce qu'il vivait n'était même pas tout à fait nouveau. Il avait dû y rêver souvent, ou y avoir tant pensé qu'il avait l'impression de gestes déjà faits. » Ces pensées sont celles que Georges Simenon prête à Norbert Monde. Dans La Fuite de Monsieur Monde, cet industriel parisien, le matin d ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.