Le critique comme poète de la matière

Le critique comme poète de la matière

Même s'il peut être impitoyable, Diderot ne réduit pas la critique d'art à un simple jugement de goût. Il s'agit bien plutôt de témérairement s'immerger dans les textures des oeuvres.

Dès 1753, la Correspondance littéraire diffuse confidentiellement un compte rendu de l'exposition organisée par l'Académie royale de peinture et de sculpture qui se tient tous les deux ans dans le Salon carré du Louvre. Elle n'est pas la seule à rendre compte du « Salon » : Marmontel, au Mercure de France, en est le chroniqueur le plus ancien et le plus régulier ; s'y adjoindront, à partir de 1757, L'Année littéraire de Fréron, plus épisodiquement en 1759 L'Observateur littéraire de l'abbé de la Porte, et en 1761 le Journal encyclopédique de Pierre Rousseau... Le succès de ces comptes rendus auprès du public est tel que les journaux les réimpriment séparément sous forme d'extraits, que concurrencent des brochures plus ou moins anonymes et clandestines qui se vendent dans les allées du Palais-Royal et aux abords de l'exposition.

Le phénomène fait scandale : secrétaire de l'Académie et ami des philosophes, Cochin publie dans le numér ...

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