Le corbusier sur le papier, l'architexte

Le corbusier sur le papier, l'architexte

Célébré par une exposition, aussi admiré que détesté, Le Corbusier a plus écrit qu'il n'a construit. Cette graphomanie théorique, souvent sous-estimée, en dit pourtant long sur les perspectives de l'architecte.

Citoyen helvète, Charles-Édouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier (Corbu pour ses collaborateurs), demanda et obtint la nationalité française en 1930, à l'âge de 43 ans. Les papiers d'identité fournissaient à l'époque un signalement détaillé. Cheveux : gris. Nez : moyen. Teint : naturel - l'adjectif laisse perplexe. Quelle couleur de peau ne l'est pas ? La mention qui m'étonne le plus se trouve cependant à la ligne Profession. Le Corbusier y fit inscrire : « homme de lettres ».

En 1930, Le Corbusier avait déjà de nombreuses constructions à son actif : la maison-atelier de son ami Amédée Ozenfant, la villa Schwob, l'emblématique villa Savoye, les cinquante logements de la cité Frugès, à Pessac, la cité de Refuge de l'Armée du Salut. Pourquoi n'avoir pas indiqué « architecte », voire « urbaniste » ? Il eût pu se dire aussi légitimement artiste peintre. Proche de Léger, de Picasso et de Braque, il exposait dans les galeries et, s'il délaissa un temps le chevalet et les ...

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