le contrebandier

le contrebandier

Ses mocassins Gucci sont de contrefaçon, achetés à Naples, il l'avoue en souriant. Et ces blondes minces, filtrées, qu'il fume à la chaîne, qui font de son appartement de Florence - Borgo Pinti, 82 - mieux qu'un Vésuve en combustion : marché noir, aussi ? Les contrebandes de Tabucchi le Toscan n'ont rien à envier à celles des lazzaroni : Antonio Tabucchi est né trafiquant ; de mots, de rêves, de poésie. C'était à Pise, en 1943. Des années plus tard, un hasard pour le moins objectif a mis sur son chemin une silhouette frêle aux noms d'emprunt - Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares, tutti quanti -, le spectre en noeud papillon de l'un des écrivains les plus secrets du siècle, et des plus grands : Fernando Pessoa. Du propre aveu de Tabucchi, ce fut une révélation ; qui aiguilla sa vie. On ne croise pas impunément quelqu'un qui écrit : « Mon âme est à ma recherche/ Mais je suis en cavale. » Deux ans, le Portugal vit Antonio Tabucchi dans le rôle d'un directeur de l'Instit ...

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