Le coeur lourd

Le coeur lourd

Truandé par un agent immobilier véreux, un ancien ouvrier relate à un juge comment il en est arrivé à tuer l'escroc. Un beau texte sur la fatalité sociale et l'accablement, que l'auteur ne décrit pas seulement mais qu'il métabolise dans son écriture.

L'histoire est déjà finie quand commence Article 353 du code pénal : au large de la presqu'île en face de Brest, Martial Kermeur a jeté à l'eau Antoine Lazenec. Une sombre affaire d'escroquerie immobilière a ainsi trouvé sa conclusion. Jusqu'à son démantèlement, Kermeur était ouvrier à l'arsenal. Arrivé à cette époque, Lazenec a promis de superbes appartements à toute la ville, et donc à Kermeur, lequel y a englouti l'entièreté de sa prime de licenciement. Or les logements n'ont jamais vu le jour. Une série d'incidents s'ensuivirent, impliquant aussi bien le maire qu'Erwan, le fils Kermeur déjà croisé dans Paris-Brest (2009). Jusqu'à ce meurtre qui en est à peine un, puisqu'y président le dépit et l'espoir de restaurer un peu de justice sociale.

Un art du bancal

Passé quelques pages de prologue, le récit qu'on va lire est donc un flash-back : Kermeur a été déféré devant le juge, et il raconte, « depuis le début ». I ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard