Le choix de la rabbin

Le choix de la rabbin

Issue de deux histoires familiales a priori incompatibles, sa foi s'apparie aux valeurs de la tolérance et de la laïcité. Cauchemar des traditionnalistes, la jeune femme s'interroge sur les racines de l'antisémitisme et met aussi en pratique son ouverture aux autres religions.

je suis une rabbin laïque. » Trois cents paires d'yeux examinent Delphine Horvilleur dans la pénombre de l'auditorium Saint-Germain, à Paris. Des adolescents, certaines voilées, d'autres sous capuches, quelques-uns mastiquant des chewing-gums, d'autres consultant leur portable, la plupart sérieux et attentifs. Sur les gradins, des profs, soulagés d'échapper à la solitude ordinaire, attendent la suite. « Une rabbin qui croit profondément que la laïcité est une bénédiction. » Ces mêmes mots, Delphine Horvilleur les a prononcés aux funérailles d'Elsa Cayat, après la tuerie de Charlie Hebdo, pour amadouer une assistance farouchement athée. Ce matin, elle les destine à des lycéens de banlieue - « issus de quartiers vulnérables d'Ile-de-France », dans le sabir technocratique -, réunis autour de Géhenne, d'Ismaël Saidi, une pièce sur la radicalisation. Sur scène, à grand renfort de tirs de kalachnikov, d'explosions, de hurlements et de jingles, un terroriste belg ...

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Grand entretien

Éric Vuillard

Éric Vuillard
« La Guerre des pauvres est une guerre qui n'est pas terminée. »